London XIXth century

Vous voici en plein coeur de Londres, au XIXème siècle... Voleur d'une dizaine d'années ou dame bourgeoise élégante, incarnez votre personnage...
 
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 La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...

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Elizabeth Dawkins
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MessageSujet: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Dim 30 Sep - 18:46

En voilà un titre pompeux pour si peu de choses!
Ben oui.
J'explique...
En fait, ça s'appelle pas Tragi-Comédie Victorienne en quatre actes mais, nom plus court et moins prétentieux: Hannah. J'aime juste bien l'appeler Tragi-Comédie Victorienne en quatre actes parce que ça fait méga-sérieux et j'aime bien quand ça fait méga-sérieux. C'est aussi parce que c'est une tétralogie en quatre tomes (j'aime bien aussi faire des pléonasmes...).
En fait, voilà...A l'origine, ça devait être un genre d'Oliver Twist féminine qui tombe sur des voleurs et tout, niaiseuse à souhait et tout...Et pis j'avais vu le film Oliver Twist de Roman Polanski et j'avais adoré tout sauf Barney-Clark-le-regard-suppliant qui faisait le héros.
C'est pour ça qu'au début, ça fait vachement Oliver Twist. Sauf que c'est pas Oliver Twist, c'est Hannah Sowlish.
Et puis après, j'ai commencé à avoir des idées par moi-même et c'est devenu un genre de Friends à la mode victorienne, avec des amours éternels de deux jours.
Katie Sowlish (vous voyez où elle l'a trouvé, son nom de famille, la vilaine?), a trouvé ça super-marrant. En fait, d'une manière générale, tous ceux à qui j'ai fait lire ont aimé plus ou moins.
C'est vrai que ça ressemble à mort à Oliver Twist au début mais c'est après que la belle écorce de moralité de l'héroine vacille et que tout bascule...
Bon, allez, je tente...
Enjoy!

Hannah
Partie un :


Coup d’Envoi



-

Où l’on fait la connaissance d’une gentille vieille dame et d’une fillette bien élevée

« C’est toujours pas fini ! » pensa Hannah, enfermée dans une cave à charbon obscure, la robe maculée de terre.
Et si elle faisait rater l’entrevue de Miss Ruggstones avec cet idiot d’inspecteur Struggle ? Si elle hurlait en frappant la porte de la cave à charbon : « Au secours, je suis enfermée ! ».
Finalement, elle écarta cette idée, la perspective d’une raclée carabinée ne l’enchantant guère.
Résignée, Hannah cala ses jambes sur un morceau de charbon plus large que les autres. Elle entendit Miss Ruggstones débiter son boniment en déclarant qu’elle n’était que de la mauvaise graine et qu’elle se demandait ce qu’elle allait pouvoir en faire.
« Bon, d’accord songea à nouveau Hannah. Je l’ai frappée au visage. Et alors ? Vu qu’elle me fait dormir dans la niche, avec le chien, et qu’elle me traite moins bien que lui… »
Hannah se concentra sur la conversation derrière la porte.
« -Oh oui, monsieur, cette jeune fille me cause bien des soucis larmoyait Miss Ruggstones. Mais vous, vous êtes si bon, si intelligent ! Vous saurez forcément aidez la pauvre veuve éplorée que je suis ! »
Hannah fronça les sourcils.
« Veuve mon cul. Elle a jamais été mariée pensa t’elle non sans amusement. Personne n’en voudrait, de toute façon ! En plus, elle est encore moins pauvre que riche…Je l’ai vu ranger des bijoux dans un tiroir de la vieille commode moisie de sa chambre. »
Hannah regarda la scène pas un interstice de la porte de bois de la cave. Elle voyait distinctement Mr Struggle, que la nature et les bons repas avaient doté de quatre mentons et du nez rouge des alcooliques. Il avait une énorme bedaine protégée pas un manteau turquoise à boutons dorés.
Mr Struggle gloussait de plaisir, sous les flatteries de Miss Ruggstones. Il roucoula, de son insupportable voix suave.
« Miss, une idée me vient…
-Dites, je vous en prie, elles sont toujours si bonnes !
-Placez donc Hannah en apprentissage. Elle se trouvera un métier, et vous en serez débarrassée. »
Un espoir fou s’empara de Hannah. Quitter cette vieille bique ? Un rêve !
« Enfin pensa t-elle avec jubilation, je vais quitter cette vieille bique qui me force à l’appeler « ma tante »! Plus de coups de canne jusqu’à la fin de mes jours ! »
Quand Hannah entendit la porte de la maison claquer et un « Au revoir, mon bon Monsieur », elle sut qu’elle allait enfin pouvoir sortir.
« Enfin parti, ce crétin maugréa Miss Ruggstones. Mais pour une fois, il aura dit quelque chose d’intéressant. »
Elle pivota brusquement sur elle-même et hurla.
« Hannah ! Sortez immédiatement !
-Je ne peux pas, je suis enfermée ! se défendit Hannah.
-Je ne peux pas QUI ? rugit Miss Ruggstones, folle de rage.
-Je ne peux pas…Oh, non ! » s’ écria Hannah, se rendant compte de son erreur qui lui ôtait toute envie de sortir.
Elle bafouilla un ton plus bas :
« Je ne peux pas, ma tante.
-Oui ! cria Miss Ruggstones en agitant sa canne. Oui, oui, oui ! » s’époumona- t-elle.
Quelque fois, Hannah se demandait si sa prétendue tante n’était pas folle à lier.
« Eh bien, sortez ! continua Miss Ruggstones. Qu’attendez-vous donc ?
-Mais je ne peux pas, je suis enfermée ! »murmura Hannah, au bord des larmes.
Miss Ruggstones croisa les bras.
« Il y a un verrou de ton côté. Et comme tu es trop bête pour le trouver, tu passeras la nuit dans la cave à charbon, avec les rats ! Ah !
-Madame, s’il vous plaît, c’est la troisième nuit que je passe dans la cave à charbon…
-MA TANTE ! rugit Miss Ruggstones. Pour cette nouvelle idiotie, dès que tu sortiras, je te labourerais les mollets avec ma canne ! »
« Oh non… »pensa Hannah.
Celle-ci se formait une image mentale diablement précise de la terrible canne de fer à pommeau d’argent de sa tutrice.
Hannah se chuchota pour elle-même :
« En plus, son verrou idiot, il existe même pas. Elle m’a déjà fait le coup plein de fois, je l’ai jamais trouvé. C’est juste pour le plaisir de m’enfermer qu’elle fait ça. En plus, un verrou…Elle aurait pu se creuser un peu la tête pour trouver une meilleure excuse, franchement… »
La nuit tombait par le soupirail de la cave. Hannah entendait déjà les rats s’agiter. Elle se recroquevilla dans le charbon et attendit, avec appréhension. Elle avait une peur bleue des rats énormes qui peuplaient les interstices entre les blocs de charbon qui parsemaient la cave.
La gamine maigrelette entendit un froufroutement. Elle frémit et attendit dans l’obscurité. Bientôt, des dizaines d’yeux jaunes s’enflammèrent dans les ténèbres charbonneuses. Hannah grelottait de peur et de froid. Les sales bêtes la mordaient de temps en temps…En plus, s’il y avait un serpent ? Hannah en avait déjà aperçu un dans la rue, qu’elle avait tué à coups de pierres. Mais il pouvait y en avoir d’autres…Et ils pouvaient passer par le soupirail…
Hannah attendait la venue du Gros Chat. Il s’agissait d’une bête énorme qui l’avait déjà protégé des rats par le passé et tenu chaud.
Après une attente angoissante, un petit bruit feutré se fit entendre et un éclair brun-roux illumina la pièce exigüe. L’éclair sauta affectueusement sur les genoux de Hannah (la gamine vacilla sous le choc), se frotta contre elle puis cracha en direction des rats. Ceux-ci s’enfuirent dans les profondeurs de la cave, terrifiés par le monstre.
A présent que le chat-chien était là, Hannah se sentait à-peu-près rassurée. Elle parvint à s’endormir dans la nuit et le charbon.
Le lendemain, Miss Ruggstones réveilla Hannah à grands coups de pieds dans la porte de la cave.
« Debout, mollassone ! »
La mégère ouvrit rapidement la porte, secoua rudement Hannah et chassa le chat énorme à coups de pieds. La bête courut se réfugier plus loin, sur un tas de charbon plus haut que les autres et regardait la femme d’un air offensé. Miss Ruggstones s’exclama, devant une Hannah mal réveillée :
« Debout, bâtarde, fille de chienne ! Aujourd’hui, tu as intérêt à te peigner ! Je vais te donner une nouvelle robe assortie à tes yeux marron… Aujourd’hui, c’est important ! J’ai parlé hier au boulanger…Sa femme va venir te chercher. En attendant, prépare-moi du thé, propre-à-rien ! »
Hannah se leva lourdement et courut vers la cuisine.
Tout tartinant des toasts de marmelade, elle méditait :
« De toutes façons, quand cette sale vieille bique m’a recueillie, c’était juste pour les sous que l’asile pour indigents donnait à chaque adoption, c’est tout… »
Hannah disposa les toasts sur un plateau, avec du thé, du lait, du café et de grosses tranches de pains. Ensuite, elle le porta à Miss Ruggstones en essayant de fermer ses narines à la bonne odeur de pain chaud s’élevant du plateau. La mégère pesta contre Hannah en déclarant qu’elle était incapable de préparer un thé correct.
Miss Ruggstones ressemblait à un long morceau de bois sec possédant des yeux de faucon, froids et cruels, de grandes mains décharnées et une redoutable canne à pommeau d’argent.
D’un geste nonchalant, Miss Ruggstones désigna le déjeuner de Hannah, un croûton de pain et un verre d’eau. Après avoir avalé cette maigre pitance, Hannah lava son visage dans un broc d’eau glaciale, enfila la robe marron bordée de bleu promise par Miss Ruggstones et rangea sa vieille robe dans sa sacoche brunâtre, dénoua ses cheveux noués en tresses et se les peignit rapidement. La gamine ouvrit sa sacoche et entreprit de recenser son contenu.
« Une robe. Un fichu. Une paire de chaussures. Deux rubans. Un vieux couteau. C’est pas grand-chose. »
Elle interrompit ses pensées en entendant Miss Ruggstones brailler :
« Mollassonne ! Dépêche-toi, j’en ai assez d’hurler ! »
Hannah descendit les escaliers quatre à quatre. Miss Ruggstones l’accueillit à coups de canne.
« Allez récurer le plateau que vous m’avec apporté ! ordonna l’irascible mégère. J’ai un entretien important, aussi, ne viens pas me déranger dans mon bureau, sinon… »
Miss Ruggstones fit un petit geste significatif.
Hannah courut vers la cuisine.
La gamine frotta rêveusement quelque casseroles mais la curiosité était trop forte. Elle entendit le mystérieux visiteur grimper lourdement les marches de l’escalier. Hannah abandonna ses casseroles et l’eau glacée de son évier et suivi l’inconnu aussi silencieusement que possible. Une marche craqua sous son poids mais ce fut sans d’autres encombres qu’elle arriva devant la porte du bureau de Miss Ruggstones. Hannah s’agenouilla devant la porte et colla son oreille contre la serrure.
« Ouui dit une voix suave s’échappant du bas de la porte, j’ai eu cinq apprentis. La première s’est enfuie, le second aussi, j’ai tué le troisième, j’ai frappé le quatrième jusqu’à ce qu’il devienne infirme…
-C’est exactement le genre de pédagogie qui convient à la demoiselle que je voudrais vous présenter, ma chère madame Carry ! s’écria Miss Ruggstones avec une jubilation terrifiante.
-Héhé dit Mme Carry, c’est que les gosses, je sais les mater, moi ! Ils vous emmerdent ? Quelques coups de fouet et c’est fini ! »
Hannah sentit les poils de son dos se hérisser de terreur. Ce n’était même plus de la cruauté…C’était…Plus que ça, beaucoup plus que ça. Peut-être du sadisme. Elle ne put se retenir de trembler de tous ces membres en songeant qu’on allait l’envoyer chez ces gens.
Elle s’enfuit à toutes jambes. Cependant, une marche craqua et elle entendit une voix bien connue.
« Oh, quel monstre ! Elle a écouté à la porte ! Faites quelque chose, Miss Ruggstones, elle est encore sous votre tutelle ! »
La sorcière s’exécuta, dévala les escaliers en agitant sa terrible canne à pommeau d’argent. Un coup, deux coups, trois coups…Hannah arrêta son compte là. Elle ne ressentait plus rien…Juste une immense terreur.
Elle ne sut se retenir d’hurler quand la canne entama sa peau.
Et devant elle, la grosse boulangère riait à gorge déployée.
Hannah lui lança un bref regard haineux et courut autour de la table du salon, Miss Ruggstones sur ses talons, la canne déchirant l’air d’éclairs meurtriers. En fin, Miss Ruggstones parvint à enfermer Hannah dans la cave à charbon, la gamine tambourinant sur la porte avec rage.
« Qu’as-tu entendu ? rugit Miss Ruggstones.
-La preuve que vous êtes une sale vieille mégère sadique ! Je vous hais ! » hurla la gamine en faisant un geste grossier du doigt par un des interstices de la porte.
Malheureusement, cette attitude sembla plaire à Mme Carry.
« Oho, une forte tête ! Je veux bien la prendre à mon service ! Faites-la sortir ! »



Voilààààà

(PS à Katie-si-elle-passe-par-là: c'est une version un peu différente de celle que tu as lue il y a quelque années...Je suis en train de tout réécrire et de tout taper sur Microsoft-Word-mon-ami...)

Si ça vous intéresse d'avoir la suite, dites-le, je vous la donnerai...Et donnez votre avis!
Very Happy
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Lady Daremond
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MessageSujet: Re: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Dim 30 Sep - 22:06

Je lirai demain, là j'ai pas le courage... Dodoooo... Sleep
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Katie Sowlish
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MessageSujet: Re: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Dim 30 Sep - 22:23

Eh oui, c'est différent...
Ah là là.... Et dire que j'était ta premuière lectrice *pensée furtive à Agénora xD*
Tout remonte à des années, ou...
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Elizabeth Dawkins
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MessageSujet: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Lun 1 Oct - 20:14

Aah, que de souvenirs...
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MessageSujet: Re: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Mar 2 Oct - 20:34

Quand nous étions, jeunes, hein...
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MessageSujet: Re: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Mer 3 Oct - 16:07

Pffffrt...
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MessageSujet: Re: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Ven 5 Oct - 20:10

C'est sur que deux ans, c'est énoo-oorme!^^
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MessageSujet: Re: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Ven 5 Oct - 20:14

C'est génial ! Absolument génial ! J'ai tout lu et adoré !
La suiiiiiiiite !
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MessageSujet: Re: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Ven 5 Oct - 20:46

La suite!! Plus vite que ça, molassonne!!
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Elyza Blackburn
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MessageSujet: Re: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Ven 5 Oct - 20:50

Je suppose qu'on peut prendre ça pour un compliment...

C'est vrai que c'est VRAIMENT vraiment bien =D
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MessageSujet: Re: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Ven 5 Oct - 20:52

C'est une option... ^^
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MessageSujet: Re: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Ven 5 Oct - 21:19

xD

Faut faire comme la foule;


LA SUITE ! LA SUITE ! LA SUITE !

Du coup, je propose que chacun mette ce qu'il a à mettre - dessins, poèmes, romans, autres.

Moi, j'hésite à mettre le début de mon histoire, c'est... disons...
Bon, morbide, glauque, mais y'a autre chose de plus... comment dire...

[non non, ce n'est pas ce que vous pensez]
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Katie Sowlish
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MessageSujet: Re: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Sam 6 Oct - 15:41

xD
Dites, j'ai vachement e la chance moi^^ Quand elle en écrit un nouveau, c'est toujours moi la première lectrice : ) Héhéééé.
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MessageSujet: Re: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Sam 6 Oct - 16:36

La chance.

J'adore les tragédies ! Même si personne meurt, c'est trooop bien, d'ailleurs si on lit des livres, c'est pour ressentir certaines émotions, non ?
Le joie, c'est pas interressant. Ce qui interresse les lecteurs, c'est quand ça va mal - tenez, les Orphelins Baudelaire par exemple, même si c'est un peu excessif - cela dit, j'adore vraiment cette séries.
Enfin, tout ça pour dire que c'est super bien, quoi, sérieux. Faut trop que tu mette la suite !
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MessageSujet: Re: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Sam 6 Oct - 21:02

Faudrait déjàqu'elle vienne sur le fofo!!
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MessageSujet: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Dim 7 Oct - 19:38

Désolée, désolée, désoléééée!
Je suis partie chez ma mamie dans les Ardennes, dans le trou-du-cul-du-monde, quoi.
Merci merci merci pour tous vos compliments, ça me touche vraiment!
Parce que en fait, ce roman n'a aucune visée militante...Juste celle de plaire aux lecteurs! Je suis vraiment heureuse qu'il y parvienne si bien!
Voilà la suite, alors!
-

A ce moment, dans la cave, le gros chat que Hannah avait déjà remarqué bondit sur ses genoux. La gamine fourra la bête dans sa sacoche juste avant que le verrou ne claque et que la lumière inonde la petite cave. La grosse figure rougeaude et les petits yeux porcins de Mme Carry lui sautèrent au visage. Elle savait qu’elle allait détester cette femme…Mais elle ne savait pas encore à quel point.
La grosse boulangère la tira sans ménagement de sa cachette. Hannah se débattit et lui cracha à la figure. Elle reçu en récompense un coup de fouet bien appliqué.
« Je dois m’enfuir. Je dois m’enfuir » se répéta Hannah, comme un mantra.
Alors qu’elle ravalait ses larmes tant bien que mal, Mme Carry la traîna sans ménagement jusqu’à la boulangerie.
Dans sa sacoche, le chat remuait doucement, présence réconfortante.
Où Hannah fait la connaissance d’un gentil monsieur quand même pervers sur les bords
« Oh, bonjour petite jeune fille dit un petit homme replet à lunette cerclées de fer sur le pas de la porte de la boulangerie.
-Voici l’espèce de sous-humain que je te ramène maugréa Mme Carry.
-Sous-humain ? Oh non, sûrement pas »la coupa son mari en tripotant ses lunettes avec un air gourmand.
Hannah ne put s’empêcher de reculer instinctivement.
Mme Carry brandit son fouet d’un air menaçant.
« Si je dit que c’est un sous-humain, c’est un sous-humain, point ! beugla Mme Carry
-Ne faites pas attention, ma mignonne, elle a toujours été comme ça murmura Mme Carry à Hannah.
-Qu’est-ce que j’entends ? susurra Mme Carry.
-Je lui ai dit que vous étiez une très bonne personne, Mme Carry » dit précipitamment Mr Carry en glissant une tranche de pain dans la main de Hannah.
Mme Carry rougit, flattée. Son mari eut une expression soulagée.
Hannah avait l’impression d’avoir avalé une pleine poignée de vers de terre frétillants.
Dans le même temps, Hannah aperçu quelque chicots noirs et jaunes dans la bouche de Mme Carry. La gamine plaignait sincèrement le pauvre Mr Carry.
« Regardez comme elle est grosse ! s’indigna Mme Carry. Il va falloir qu’on lui fasse suivre un régime sévère, sinon elle ne pourra jamais rentrer dans le four pour le nettoyer. Il faut bien que quelqu’un le fasse, maintenant que vous n’y rentrez plus, Mr Carry. »
Cette remarque était entièrement dénuée de fondement. Ce n’était pas chez Miss Ruggstones que Hannah aurait pu engraisser et de toute façon, elle avait toujours été relativement maigrelette. Alors celle-ci se rebiffa et répliqua :
« C’est pas vrai, c’est pas avec Ruggstones-la-sorcière et l’orphelinat-pour-merdeux-du-cul que j’aurai pu grossir !
-Qu’est-ce que j’entends ? dit Mme Carry, menaçante.
-C’est pas vrai ! répéta Hannah.
-Mon fouet, c’est un vrai, lui ! » hurla Mme Carry, furieuse.
Mr Carry se ratatina sur lui-même et Hannah serra les dents. Elle n’allait pas faire plaisir à Mme Carry en sanglotant devant elle. Mme Carry lâcha son fouet, apparemment fâchée que Hannah ai reçu les coups sans sourciller.
Elle jeta l’éponge et on emmena Hannah dans l’échoppe. La gamine était écœurée. Elle savait que derrière les rideaux fleuris des voisins se trouvaient des gens qui avaient préféré tourner le dos lorsque Mme Carry l’avait frappée. Se trouvaient des gens qui ne pensaient qu’à eux. Et c’était peut-être ce qui la répugnait le plus.
Mme Carry installa Hannah sous le comptoir en étalant sommairement un morceau de couette sous le bois. La gamine se laissa tomber sur son lit sommaire après que Mme Carry l’ai abandonnée pour vaquer à ses occupations.
« Bah, j’ai un lit…Avec un peu de chance, je pourrai chouraver quelques tranches de pains…Et si j’y arrive pas, au moins, l’odeur me réveillera » songea Hannah qui tentait d’analyser la situation.
Après s’être installée, Hannah remonta le petit escalier qui menait à la cuisine et aux appartements de Mr et Mme Carry, au dessus de la boutique.
La cuisine était une pièce exigüe, aux murs bruns et à l’évier de cuivre. Sur une table se trouvait le dîner de Hannah.
La gamine, qui s’était attendue au pire fut quasiment soulagée. Au moins, ça avait encore une forme, pas comme l’infâme bouillie que Miss Ruggstones et ça ne ressemblait pas à de l’eau sale, pas comme le brouet de l’asile pour indigents, l’orphelinat-pour-merdeux-du-cul.
C’était un os autour duquel naviguaient des feuilles de légumes non-identifiés, des croûtons de pain et des lambeaux de viande. Cela ressemblait à une soupe. Hannah se jeta dessus et s’aperçut qu’il n’y avait de cuillère. Hésitante, elle s’arrêta devant le bol sans savoir quoi faire. Ce fut là que Mme Carry arriva pour éclaircir la situation.
« Les chiens n’ont pas besoin de cuillère pour manger. »
Hannah se tut et attendit que Mme Carry cesse de rire. La matrone s’arrêta et Hannah attrapa l’os en tentant de conserver l’air le plus digne possible. Elle ne pouvait pas se permettre de dédaigner un repas pareil. Elle mangeait lentement et sans un bruit, sans regarder Mme Carry. Celle-ci finit par se lasser du spectacle et s’éclipsa en faisant trembler le parquet.
Quand Hannah fut assurée qu’elle était partie, elle se pencha au dessus de son bol et se mit à en laper goulûment le contenu. Il était hors de question que Mme Carry la voit dans cet état.
Hannah ne voulait pas que Carry pense qu’elle avait réussi à faire d’elle la bête qu’elle se refusait à devenir, mais elle était heureuse que Mme Carry ai une si mauvaise conception du régime.
« Maintenant, va emballer les miches de pains pour demain » ordonna Mme Carry.
Celle-ci poussa Hannah devant quatre paniers contenant à eux tous une cinquantaine de gros pains d’où s’échappaient encore un peu de vapeur. Hannah ne manifesta pas la moindre émotion et se mit mécaniquement au travail. A dix heures du soir, elle avait terminé et était très fatiguée. Elle demanda à Mme Carry si elle pouvait aller se coucher et reçu en réponse quelque nouveaux coups de fouets par une Mme Carry indignée. Donner des coups de fouets étant apparemment la seule activité de Mme Carry, il était normal qu’elle ne soit pas épuisée. La grosse boulangère hurla à Hannah de faire la vaisselle. Celle-ci s’y mit sans enthousiasme. Elle savait juste qu’après ça, elle pourrait se coucher c’est pourquoi elle se dépêcha et flanqua quelque assiettes sales dans les armoires de Mme Carry. Elle travailla jusqu’à dix heures et demie du soir.
Lorsqu’elle put enfin aller se coucher, elle s’écroula sur sa couette, libéra le chat de feuilles mortes qui se pelotonna contre elle et dormit comme une souche.
Lorsqu’à l’aube elle entendit des coups répétés ébranler la porte, elle mit longtemps à se rappeler la raison de sa présence sous le comptoir d’une boulangerie. Derrière la porte, on s’impatientait. Alors Hannah alla ouvrir, l’esprit encore embué de sommeil et reçut deux coups de fouet, histoire de la réveiller un peu plus.
« Vas déjeuner avec mon crétin de mari à la cuisine ! »
Hannah monta à la cuisine, le dos douloureux à cause des coups et y trouva effectivement Mr Carry.
Celui-ci la regardait toujours bizarrement, comme un type qui a pas mangé depuis trois semaines regarde un petit gâteau dans une vitrine.
C’était malsain.
« Bien dormi ? » demanda celui-ci, de sa voix écœurante.
Hannah ne répondit pas et but le verre d’eau qui constituait son petit-déjeuner.
Malgré l’indifférence de Hannah, Mr Carry se crut obligé de continuer.
« Ecoutez, vous m’êtes sympathique » chuchota t’-il d’un air de conspirateur.
Et il glissa un gros morceau de brioche graisseuse dans la main de Hannah avant de s’attabler à nouveau, précipitamment en voyant Mme Carry qui revenait. Hannah fourra le morceau de brioche dans la poche de sa robe. Elle le mangerait plus tard, loin des yeux de Mme Carry…
La terrible matrone lui hurla de se bouger els fesses et d’aller ouvrir les volets de la boutique et décrasser celle-ci ; Hannah se rua vers la boutique sans discuter. En effet, elle y serait seule pour engloutir son morceau de brioche, loin des yeux porcins de Mme Carry et des mains baladeuses de son mari.
Hannah remplit un seau d’eau à l’évier, le déversa sur el sol et se mit à frotter avec un lambeau de serpillère. Elle s’ennuyait ferme. De plus, ses genoux étaient trempés par l’eau, et son dos la brûlait là où les coups de Mme Carry étaient tombés en grêle.
C’était une vie stupide, vaine qui risquait de la tuer avant l’heure.
Pour devenir maîtresse de son destin, Hannah n’avait pas d’autre choix que de cracher sur cette vie-là.
Il fallait qu’elle parte. Loin. Elle avait un plan qu’elle allait exécuter...
Hannah sortit, ouvrit les volets et salua Becky, la jolie apprentie du fossoyeur qui se trouvait en face de la boulangerie. Il faisait beau mais la rue n’était pas encore animée parce qu’il était tôt et que le ciel était encore rose.
Malgré le soleil pâle, le froid restait mordant. Hannah ne s’attardait pas et rentra rapidement à l’intérieur de la boutique.
La gamine rassembla ses maigres possessions sous le comptoir, emballa et plaça les pains que Mme Carry avait cuit hier. La matrone dodue dévala les escaliers dans un bruit de tonnerre, une longue pelle de bois à la main. Elle se mit à l’ouvrage en maniant avec dextérité sa pelle et en s’en servant également pour frapper Hannah quand elle jugeait que le travail était trop lent. Lorsqu’Hannah avait achevé de garnir un panier, elle devait courir vers le comptoir disposer les paniers derrière celui-ci, sur les étagères prévues à cet effet, pendant que Mr Carry s’occupait des clients matinaux.
L’avantage de la présence des clients était qu’en leur présence, Mme Carry se contenait néanmoins, pour ne pas avoir une mère de famille sentimentaliste sur les bras ou un Charles Dickens en herbe. Ce fut donc l’esprit relativement tranquille et le dos à-peu-près apaisé que Hannah travailla jusqu’à midi où elle put faire une pause de quelque minutes. Mr et Mme Carry restèrent accueillir les clients et Hannah resta seule dans la cuisine. Elle engloutit son morceau de brioche, manqua s’étrangler avec, ouvrit frénétiquement une armoire sans trop penser à ce qu’elle faisait, empoigna un morceau de saucisson, une miche de pain et un morceau de fromage racorni. Elle les enveloppa dans un lambeau de nippe trouvé sur le sol.
Ensuite, elle se rua au dehors par la porte de service de la boulangerie et courut dans la rue cacher son trésor sous la haie qui bordait la rue, à proximité de la boulangerie.
La gamine pissait de trouille. Ses bras serrés autour de sa maigre poitrine, elle grelottait, éperdue. Qu’adviendrait-il, si son vol était découvert ?
Mme Carry allait la tuer. Elle en était sûre. Mme Carry attraperait sa pelle et l’abattrait mécaniquement sur le corps de Hannah, jusqu’à ce que la gamine s’effondre.
La fillette retourna emballer les pains en pensant à son plan.
« Et si un chien errant venait tout bouffer ? » pensa t’elle, horrifiée.
Si elle n’avait rien à manger, sa fuite ne servirait à rien. Qu’elle meure rôtie dans un four, ou gelée dans un champ, le résultat restait identique. Les mains pâles de la gamine tremblaient. Elle avançait moins vite dans son travail, si bien que Mme Carry lui abattit rudement sa pelle sur la tête. La gamine lui cracha sur les chaussures ce qui lui valut un nouveau coup.
« Salope de gamine ! »
Hannah préféra ne pas répondre, mortifiée. Carry retourna à ses pains mêlés de sciure.
Hannah savait que son honorable maîtresse trompait ses clients en mêlant de la sciure de bois à la farine de ses pains.
Le soir, Hannah replaça les volets, mangea ce que le chien avait dédaigné. Le même rituel se répéta que la veille, les os empoignés du bout des doigts, les doigts doucement essuyés sur un lambeau de tissu. Elle libéra le chat. Il s’endormirent blottis l’un contre l’autre sous le comptoir crasseux.
La misérable gamine vola dans les armoires pendant encore une semaine, deux semaines, la peur au ventre, les trippes envolées, fourrant son trésor sous la haie.
« Oh, dit un jour Mme Carry, on a donc tellement mangé ce mois-ci ? Elles descendent vite, nos réserves. Je vais réduire encore votre portion, Mr Carry. Les gros maris ne servent à rien. »
Hannah se dit alors qu’il devenait urgent de fuir.
Elle travailla un dernier après-midi, dévorée par l’impatience, dressant mentalement la liste de ce qu’elle emporterait, de ce qu’elle ne prendrait pas, se fichant éperdument des sarcasmes et des coups de pelle de Mme Carry qui al regardait trimer.
Finalement, Hannah décida qu’elle emporterait le gros chat qu’elle avait baptisé Caractacus (aucune preuve d’imagination de sa part…Mr Struggle s’appelait Caractacus. Les gens qui ont une existence misérable ne rêvent pas et n’imaginent rien), deux miches de pain, deux saucissons, ses deux robes, le truc sale qui lui servait de couverture et un couteau volé à la cuisine.
Elle savait qu’elle irait trouver son destin à Londres. Après tout, comme tout le monde pouvait y faire fortune, pourquoi pas elle ?
Lorsque le soir arriva enfin, Hannah avala doucement les derniers restes du chiens, ferma les volets pour la dernière fois, reçu ses derniers coups de pelle et de fouet.
Elle attendit que la maison soit entièrement silencieuse, les yeux rendus brillants par l’excitation que lui procurait son entreprise. Quand le ciel se teinta de rose, une ombre noire, chétive et vêtue de nippes suspectes se faufila vers la route. Une pauvre ombre noire suivie d’un chat grand comme un chien.

-


Merciiiiii beaucoup!
*Zabeth qui se sent plus tellement elle est contente*
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Elyza Blackburn
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MessageSujet: Re: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Dim 7 Oct - 23:28

C'est super, toujours aussi bien. T'as un vrai don.

Par contre, fais gaffe aux répétitions, juste ça. Encore que j'en ai pas vu beaucoup^^

Sérieux, continue.
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MessageSujet: Re: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Lun 8 Oct - 14:42

Zabeth a écrit:
de la sciure de bois

Tu n'aurais pas lu Matilda, par hasard ?
Et je vois pas à quoi pourrait servir de la sciure de bois dans de la farine...
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Elyza Blackburn
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MessageSujet: Re: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Lun 8 Oct - 20:03

Bah, je suppose que la sciure, c'est moins cher que la farine, alors elle remplace - Ouh la saloooope
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Elizabeth Dawkins
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MessageSujet: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Lun 8 Oct - 20:47

@Elyza: Oué, c'est ça. Ouuuh, la salope.
C'est vrai, les répétitions...Mais j'avais jamais fait attention avant, 'va falloir que je corrige...
@Lady Daremond: J'ai lu Matilda! J'ai adoré, même! Mais cette histoire de sciure ne vient pas de là...Je sais pas d'où ça vient mais je pensais pas à Matilda en écrivant...La faute au subconscient?

Cette histoire de Mme Carry et de gros mari pervers (qui rentre plus dans le four pour le nettoyer) ne date certes pas d'hier mais je l'ai encore accentuée...A l'origine, Mr Carry était moins pervers et Mme Carry avait moins d'esprit mais je venais d'avoir dix ans quand j'ai commencé cette histoire. A présent, j'ai affiné mon style, j'écris mieux... L'histoire du chien qui mange sans couverts et neuve aussi (hein, Katie? ).
Bon, au lieu de blablater, inutilement, je vous mets la suite!
EnjoOoy.
^^

Où Hannah découvre un groupe insolite


Hannah n’inaugura pas son arrivée à Londres par une foule de choses remarquables. En effet, elle ne fit que dormir ou presque. Peu après son arrivée, elle s’écroula sur le parvis d’une église au toit gris surmonté d’une croix rendue orangée par la rouille, Lockie à côté d’elle, Caractacus sur son ventre, l’écrasant à moitié.
Hannah avait de quoi être fatiguée ! En quelques heures, elle en avait découvert plus qu’en dix ans. Pour sa situation de gamine perdue de la campagne, cette ville énorme et bruissante d’agitation correspondait à un mirage impossible, reflété par les racontars et les blablas des commères de Pettonville, la ville de Mme Carry, de Miss Ruggstones, sa vie d’avant.
Toute cette vie lui était entièrement étrangère. Elle avait vu des gamins voler à l’étalage, les avaient regardés avec une sorte d’admiration dans les yeux, un sentiment qu’elle ne s’expliquait pas très bien, mélange d’envie et de répulsion. Elle était passée entre les jambes de deux hommes en pleine lutte qui se bourraient de coups de poings en invectivant la reine Victoria. Elle avait vu des mendiants tendre désespérément leurs mains noueuses, contemplé longtemps un homme ivre mort affalé sur la chaussée, assise sur un carton défoncé.
C’était un vacarme incessant, les hurlements d’un million de vies trépidantes, humbles, éblouissantes. Des calèches tentaient de se frayer un chemin dans la foule, les cochers se beuglaient des insanités, s’accusant mutuellement de bloquer la circulation. Dans l’ombre des portes, des garçons clopaient et jouaient aux cartes, des marchandes de fleurs vantaient leurs pauvres choses flétries, des hommes aux gorges enveloppées d’écharpes s’échangeaient des billets qu’ils tentaient de dissimuler aux passants…
Hannah ne s’était jamais trouvée aussi insignifiante. A Pettonville, on la connaissait, quand même…Les gens la saluaient. Le croque-mort d’en face et son apprentie, Becky, discutaient de temps à autre avec elle…Ici, elle n’avait personne.
A présent, la gamine dormait paisiblement, mais plus pour très longtemps.
Un curieux individu émergea de la foule.
« Mmmh. »
Il s’approcha un peu plus de Hannah et la détailla du regard, pensif.
Puis il tapota son chapeau haut-de-forme orné d’un ruban émeraude, un couvre-chef beaucoup trop grand pour lui qui lui tombait sur les yeux et les cachaient entièrement.
Pourtant, il paraissait voir à travers son chapeau car il héla un complice qui se trouvait à un coin de ruelle.
Celui-ci accourut en bousculant une vielle dame indignée au passage.
« Regarde ça, Mégot ! » s’exclama le type sans yeux.
Le dénommé Mégot cracha un moignon de cigarette sur le sol.
« Regarde cette merveille ! dit le chapeau en riant.
-Où ça, une merveille ? » dit Mégot, narquois.
Le chapeau lui colla une beigne.
« On l’emporte ? demanda Mégot, un peu plus coopératif.
-Oui, va chercher Joss. Sa bicyclette va nous servir…Et magne-toi le train. »
Mégot disparut au détour d’une ruelle. Le chapeau resta planté devant Hannah et se mit à cloper pour tenter de se donner une contenance. Son chapeau trop grand lui donnait une allure pour le moins surprenante…Comment connaître l’expression de son visage, lorsque celui-ci était surmonté de cette chose informe ? De plus, il entourait le bas de son visage d’un lambeau de tissu noir ce qui faisait qu’on en pouvait discerner qu’un morceau de sa bouche et le bas d’un nez piqué de taches de rousseurs.
Pendant ce temps, Mégot se faufilait à grands pas parmi les passants. Il éconduisait les mendiants d’une main morne, habitué qu’il était à la pauvreté de Whitechapel. Lorsqu’un énorme cabot noir se lança à sa poursuite, tous crocs dehors, Mégot se mit à courir. Pourvu d’un peu d’embonpoint, ce qui prouvait qu’il n’était pas habitué à l’exercice physique, il s’essouffla rapidement. Le chien abandonna la poursuite et Mégot put ralentir. Il rabattit sa casquette olivâtre sur ses yeux et se hâta dans les rues insalubres et encombrées.
Enfin, il trouva Joss, un gamin de neuf ans, qui tentait de faire passer une bicyclette en piètre état dans un boyau minuscule où on ne pouvait passer à deux de front. Le véhicule émettait des grincements de très mauvais augure.
« Mégot ? s’étonna le petit cycliste.
-Dépêche-toi, l’Absent, Félix veut ramasser une fille, là-bas, sur le parvis de l’église.
-C’est encore une des lubies du patron grommela Joss. On va chercher Everard ?
-Hum, ça dépend dit Mégot. Il est où ?
-A l’Entrepôt déclara Joss en se grattant l’oreille. Hey, Mégot, ta vieille clope s’est barrée, le machin qui pend habituellement de ta bouche » remarqua Joss.
Mégot sortit un briquet de sa poche et se ralluma une cigarette, pensif.
« Aller, Joss, on va porter ta bécane sinon on saura jamais passer. »
Le gamin souleva maladroitement sa bicyclette te la laissa retomber sur ses pieds en grimaçant de douleur. Mégot jura et souleva la bicyclette en même temps que Joss. L’engin décolla de terre et un grand sourire s’ouvrit sur la trogne crasseuse de Joss.
« On a réussi ! »
Mégot mit en mouvement sa grande carcasse dégingandée. Devant l’église, le chapeau attendait et Hannah dormait toujours paisiblement.
Bloqués dans les ruelles, Joss et Mégot avançaient péniblement. Les venelles étaient si étroites que le guidon de la bicyclette raclait les murs. Enfin, les deux garçons purent poser l’engin en débouchant dans la grande rue qui menait à la place à l’église.
Joss enfourcha son vélo et pédala en danseuse jusqu’à Félix.
Charlie les rejoignit en marchant à l’allure mesurée qui était la sienne.
Un doigt sur les lèvres, les garçons hissèrent Hannah sur leurs épaules. Caractacus était réveillé et regardait Joss et une gentillesse troublante illuminait ses yeux ambrés.
Quand à Lockie, on le hissa sur le porte-bagage de Joss. L’équipage s’engouffra dans de petites venelles insalubres. Ils bifurquaient, paraissaient tourner en rond car les ruelles pauvres et tortueuses se ressemblaient toutes mais pourtant attinrent leur but en fort peu de temps.
Ils pilèrent devant un hangar miteux fait de tôles et orné d’une plaque de métal terni marqué du nom d’une obscure firme : Barney et Cie.
Le chapeau et Charlie laissèrent tomber Hannah. Le premier farfouilla dans les poches de sa vieille veste qui semblait porter un reste d’écusson de pensionnat friqué. Il en extirpa une grosse clé de métal gris et l’enfonça dans la serrure. Il tourna la clé et la porte s’ouvrit avec un grincement impressionnant. Le chapeau remit la clé dans une de ses poches et pénétra dans le bâtiment.
Il s’agissait apparemment d’une usine désaffectée. A l’intérieur régnait un silence sépulcral ; c’était là que le chapeau et ses copains avaient établis leur Q.G., leur quartier général.
Les garçons avaient rentré Hannah dans une pièce minuscule, aux murs percés de fenêtres crasseuses. Une porte pourrie se dessinait dans un coin et un unique chandelier était posé sur la rampe d’un escalier lamentable menant à un palier qui l’était aussi. Deux portes décoraient ce palier et sur l’une d’elle, un morceau de papier graisseux avait été punaisé de travers. Dessus, des lettres majuscules tracées de la main mécanique d’un autodidacte indiquaient :
QUARTIER GENERAL DES GALOPINS. FILOU, MEGOT, L’ABSENT ET ROC.
Hannah fut hissée sur les épaules de Félix et Mégot tandis que l’Absent portait Lockie sur son dos, Caractacus trottinant à ses côtés, traînant sa bicyclette par le guidon.
Joss laissa tomber son vélo et frappa à la porte.
Une voix grave et profonde répondit :
« Nom et mot de passe.
-Filou dit le chapeau qui c’était avancé devant la porte.
-Et le mot de passe ? demanda la voix.
-Pas voleur pour vivre, voleur pour survivre ! dit Filou, solennel.
-Ah, rentre dit la voix soudain radoucie. Vous amenez quelqu’un, patron ?
-Oui Everard déclara Filou.
-Qui c‘est ? voulut savoir Everard derrière la porte.
-Une fille.
-Une fille ? répéta la voix d’un ton dégoûté.
-Qu’on a ramassée sur le parvis de l’église St-John renchérit Mégot.
-Avec un chat et un rase-motte ajouta Joss.
-C’est ça approuva Filou en hochant la tête. Même si le chat ressemble plus à un tigre qu’à un matou normal, mais bon…Allez, Everard, laisse-nous entrer.
-Mmh, d’accord. »
Un cliquetis de serrure grésilla dans l’air ambiant. Joss ramena le vélo dans la pièce et le cala contre un mur. Les garçons transportèrent Hannah sur un canapé de cuir qui sentait fort et attendirent qu’elle se réveille. Cela ne prit pas longtemps.
Lorsqu’elle ouvrit les yeux, Hannah s’étonna de ne pas voir l’échoppe familière des Carry. Elle cligna plusieurs fois des yeux, peinant à émerger et découvrit un, deux, trois…Cinq visages qui la regardaient comme si elle était le centre du monde, un truc vachement utile et irremplaçable. Quatre ados inconnus et Caractacus le gros chat couleur de feuilles mortes…Quoique. Trois visages et…Une sorte de chapeau à pattes. Le chapeau fut soulevé par une main blanche et fine, comme celle d’une fille. Une paire d’yeux d’un bleu très clair, presque gris, parcourus de nuages se dévoila dans l’ombre et un visage entier apparu. Les yeux vaporeux furent alors accompagnés de cheveux noirs corbeau parsemés d’épis, d’un nez saupoudré de taches de rousseur et d’un sourire énigmatique.
« Elle se réveille ! Elle se réveille ! »brailla Joss.
Le blondinet aux yeux verts de rua vers un vieux gobelet qu’il remplit d’une mixture brune qui se révéla être de l’alcool bon marché.
Il tendit la tasse à Hannah qui la but goulûment, assoiffée sans se soucier du contenu. Elle n’était pas très réveillée mais le tord-boyaux la sortit assez violemment de sa torpeur. Elle laissa échapper un hoquet.
« Oh punaise ! pouffa Everard. Qu’elle est godiche ! C’est une princesse délicate que tu nous as ramené, Filou !
-La ferme, Everard ! Je te signale que t’étais fou de joie quand on t’as ramassé, y’a deux ans ! » le coupa Filou, énervé.
Everard esquissa un salut ironique et Filou lui donna un coup de poing. Everard l’esquiva habilement mais ne pris pas garde au coup de pied que Filou lui colla à son endroit sensible.
Calmé, Filou revint près de Hannah qui posa une question que chaque héros de roman d’aventure devrait prononcer au moins une fois.
« Où je suis ? »
Filou rigola.
« Dans mon château ! Cette paire là, c’est mes gens d’armes » déclara t’il en désignant Joss et Charlie qui se découvrirent.
Il marqua une pause et montra Everard.
« Et lui, c’est mon esclave » fit-il férocement, détachant les syllabes avec un soin disproportionné.
Everard lui donna une beigne. Filou voulut répliquer mais Everard s’enfuit à toutes jambes. Il revint ensuite, et les deux garçons déclarèrent en même temps, se désignant mutuellement :
« Fais pas attention, c’est un con.
-Mais vous êtes qui, à la fin ? » voulut savoir Hannah.
Elle croisa les jambes dans le canapé graisseux. La compagnie qui ne cessait de s’asticoter devant elle l’intriguait de plus en plus.
« Bon, dit Mégot, je crois qu’il est temps de se présenter. Je m’appelle Charlie. On m’appelle plus souvent Mégot et…
-Moi, c’est Joss coupa le gamin. Et ces crétins m’appellent l’Absent…Allez savoir pourquoi.
-Everard Sue déclara Everard en faisant craquer ses jointures. Mais tout le monde m’appelle Roc parce que je suis beaucoup plus fort que le gringalet à chapeau à côté. D’ailleurs, le gringalet, c’est Monsieur Le-meilleur-pour-la-fin. Le patron, quoi…
-Merci Everard, ça ira comme ça, » l’arrêta Filou qui avait remis son chapeau sur sa tête, donna l’impression dérangeante d’avoir affaire à un chapeau parlant.
Il se découvrit, ce qui le rendait moins déroutant et se présenta, en tentant vainement de se donner un air adulte. Vainement, d’ailleurs, car ses yeux bleus lui donnaient un air désespérément enfantin. Il se mit à faire les cents pas en souriant.
« C’est moi le patron, comme l’a admirablement résumé ce cher Everard. »
Filou partit d’un grand rire et fit une révérence devant Hannah.
« Félix Slocker pour vous servir, gente dame ! Filou ! Je tire mon surnom de mon intelligence diabolique… »
Le garçon pila net et souleva son chapeau.
« Et, tiens, tu t’appelles comment, toi ?
-Hannah Sowlish. Pas de surnom.
-C’est pas grave, on t’en trouvera un.
-J’en suis vraiment ravie » finit Hannah.
C’était pas ironique.
-

Aha! Voici notre héroine plongée dans un environnement exclusivement masculin! Voilà qui ouvre la voie à des tas de perspectives!
Huhuhu, voilà que Zabeth s'emballe...
La suite de cette histoire ressemble vaguement à une histoire d'amour, avec du sang partout, c'est assez drôle, assez triste de temps en temps.
Une belle histoire d'amour qui fini...
Bien.
J'ai pas eu le coeur de la faire mal finir.
Toujours est-il que c'est assez déjanté, assez émouvant, assez fou, assez terrifiant, assez affreux...
Et j'espère que ça vous plaira!


Dernière édition par le Lun 22 Oct - 21:29, édité 1 fois
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Elyza Blackburn
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MessageSujet: Re: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Lun 8 Oct - 22:01

Dans mon histoire, ça se tarmine mal, l'héroïne meurt à la fin - mais je continuerai à écrire, vu que dans chaque bouquin c'est à travers les yeux d'un perso différent qu'on suit l'histoire. Même si il ya une véritable héroïne.

Enfin bref.

C'est super, comme d'habitude =D

Par contre, fais attention ; à un moment tu as fait une répétition de 'et'. À part ça, rien à dire - c'est super.
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Katie Sowlish
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MessageSujet: Re: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Mar 9 Oct - 20:43

Baka Amé^^
T'as oublié un passage entre deux... On sait pas qui est Lockie!
(enfin, les autres^^° )
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Elizabeth Dawkins
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MessageSujet: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Mar 9 Oct - 20:59

Ah mé ouééé.
Je vous le donne, alors, désolée...
*se tape la tête contre les murs*

Voilàà

Où Hannah marche vers Londres (et c’est pas de la tarte)

Le jour s’était bel et bien levé à présent et la boulangerie imbibée de cruauté n’était plus qu’une ombre à l’horizon. Hannah commençait à crever sérieusement la dalle.
Caractacus trottinait à ses côtés comme un petit chien docile.
N’en pouvant plus de savoir qu’elle avait deux miches de pain et deux saucissons dans sa sacoche sans qu’elle y pût toucher, elle finit par s’arrêter, les pieds ballotant dans un fossé. Elle coupa le premier saucisson en deux, moitié pour elle, moitié pour son gros chat-chien.
Ainsi finit le premier saucisson.
Il se mit à pleuvoir. Hannah courut sur le bord de la route détrempée. Il n’y avait rien pour s’abriter dans la campagne morne des alentours sauf…Un tas de fumier.
«Puisque je n’ai pas le choix… »
La gamine maigrelette se rua vers le tas de fumier. Cependant, son bel enthousiasme s’évanouit à la minute où elle toucha le tas de fumier. Mais els gouttes d’eau glacée ruisselant sur ses épaules la décidèrent ; elle s’enfonça tête la première dans le tas malodorant. D’autant plus que, si elle s’en souvenait bien, le caca avait au moins cet avantage : quand on en faisait un gros tas, ça devenait bien chaud.
Hannah était écœurée mais quand elle se bouchait le nez, c’était effectivement très confortable.
« Je suis vraiment dans la merde. »
Elle attendit que la pluie cesse.
« Cela aurait pu être pire. »
La gamine s’extirpa des déchets.
« Oui...J’aurai pu être morte, aussi. »
Elle regarda autour d’elle. Se baissa, lapa une flaque d’eau. La gamine avait la gorge sèche. Agacée par ses longues tresses qui trempaient dans la flaque, la gamine les trancha avec rage.
Lorsqu’elle laissa retomber son couteau, la flaque brouillée par els herbes et les mottes de terre reflétait une parfaite inconnue.
La fillette contempla avec étonnement ses deux tresses blondes, sales, restées dans ses mains. Elle fourra celles-ci dans sa sacoche. Hannah marcha quelque temps sous le ciel grisâtre. Une voiture passa, soulevant des gerbes de poussière, cahotant sur les pavés disjoints. Un jeune homme et une jeune femme bien habillés, tous propres se trouvaient à l’intérieur.
« Oôôh fit le jeune homme d’une voix de fausset. Regardez-moi cette pauvresse au bord de la route !
-Sainte Vierge, qu’elle est laide et sale s’écria la jeune fille, dégoûtée.
-Tu as raison Délicia ma chérie. Cocher, accélérer, voulez-vous bien ? »
Hannah les vit disparaître au détour du chemin. Elle les regarda, mi-sidérée, mi-blessée.
« Voilà ce que ça fait d’avoir l’air d’une mendiante. »
Elle avait honte. Vraiment honte. Mais lorsque Caractacus jaillit d’un fourré, son sentiment de révolte se dissipa. Le chat poursuivait un rat énorme. Hannah se lança dans al course, son couteau brandi. Caractacus fatiguait mais Hannah n’était même pas essoufflée.
Elle finit par talonner le rat.
Caractacus tentait de lui voler sa proie. Elle donna une beigne au chat pour qu’il abandonne. La bête stoppa net, mortifiée.
Hannah redoublait de rage. Ce rat, c’était son Grand Accomplissement.
« Si j’arrive à le tuer, ça voudra dire que je suis digne de faire ma vie seule. »
Cette phrase s’était imposée à elle et accroissait sa force. Elle attrapa le rat par la queue, la bête se débattait rageusement. La gamine lui tapa dessus avec le manche de son couteau, puis avec le plat de la lame. Hannah ne savait pas que les rats transportaient la peste. Elle ne savait pas ce qu’était la mort. Elle ne la craignait pas.
Le seul Enfer qu’elle connaissait était celui qu’elle vivait en permanence.
Elle ne le craignait plus.
Le sang vole, tache les vêtements, a un goût cuivré, salé…
Hannah ne cessa de frapper que quand le rat tomba, inerte. La chose noire était trempée de sang et de pus.
Caractacus l’attrapa d’un coup de patte. Hannah lui arracha, énervée et trancha le corps déchiqueté en deux. Caractacus s’enfuit avec la moitié qu’on lui avait attribuée.
Hannah remua la moitié de cadavre du bout des doigts.
« Mon Grand Accomplissement, ce qui me séparera à jamais de Mme Carry…Il consiste aussi à manger cette pauvre chose ?
Elle décida que oui.
Sans réfléchir, elle mordit dans les lambeaux de chair à pleines dents. Cela avait un drôle de goût, un goût de métal, un peu répugnant, salé, aigre, étrange et beau.
« Ce n’est pas répugnant. C’est juste très différent de ce que je connais. »
Entretemps, Caractacus était revenu. Il lapait les gouttes de sang maculant les pavés. Hannah recracha quelque os et parla au chat.
« Dire que tu manges ça tout le temps ! »
N’empêche qu’elle avait accompli son Grand Accomplissement…
Elle était ce qu’elle voulait, à présent…
**********
Deux jours plus tard, lorsque Hannah passa devant La chose, elle ne la remarqua pas. Cela ressemblait à un tas de linge sale.
Elle ne la vit pas tout de suite, trop occupée qu’elle était à essayer de forcer avec ses dents le bouchon de la bouteille de lait qu’elle avait volée dans une ferme et à tenter d’endiguer le sang qui coulait de la coupure qu’elle s’était faite à la cheville en laissant tomber un morceau de verre sur son pied. Caractacus la suivait, un truc qui ressemblait à un marcassin mort entre les pattes.
Si Hannah n’avait pas trébuché, rien de ce que je vais vous raconter ne serait arrivé.
Mais elle trébucha et le sang qui jaillissait de sa cheville redoubla de force. La gamine en eut les larmes aux yeux.
« Chat, ramène-moi un bout de tissu du tas sur la route, tu veux ? »
Contre toute attente, le chat s’exécuta. Et le paquet de linge sale remua.
« C’est quoi ce tas ? s’étonna Hannah. Bah, ramène le tissu, Caractacus, on s’en occupera après. »
La gamine s’assit au bord de la route et entreprit de bander sa cheville avec le morceau de nippe. Elle serra avec application, se leva en boitillant et elle ramassa la bouteille qui était miraculeusement restée entière.
Hannah fouilla dans le tas de haillons…
Ses recherches ne furent pas bien longues : en écartant un lambeau de tissu, un visage maigrichon apparut.
« Hey hey petit mec, rigola Hannah. On est tout seul? Qu’est-ce que ça tombe bien, moi aussi. On va faire fortune ensemble ? Je peux quand même pas te laisser dans la merde comme ça. »
Hannah essaya de faire un paquet un tant soit peu compact et facilement transportable et n’y réussit pas du tout. Elle se résolut donc à porter tel quel le tas dans ses bras.
« J’ai l’air d’une lavandière comme ça. »
Elle essaya de suivre l’allure de son imposant compagnon mais le gros tas la ralentissait trop. Hannah finit par s’asseoir dans un fossé à demi rempli d’eau.
Sa jupe fut immédiatement détrempée.
« Je fais quoi ? » demanda t’elle au chat.
Le matou semblait lui dire :
« Baââh, t’as une conscience, moi pas, débrouilles-toi. »
Alors Hannah repensa à ses tresses. Elle les extirpa de sa sacoche et noua approximativement les bouts de tissu avec. Elle dégagea le visage de l’enfant qui la contemplait d’un air surpris.
« Bon ben voilà ! Encombrement minimum ! »
Elle marcha jusqu’à la nuit.
Le gamin du tas gigotait dans ses nippes.
Le soir, Hannah lui donna la moitié de sa bouteille de lait et trempa des morceaux de mie dedans.
Ensuite, elle s’endormit dans un tas de paille.
« Bon, ben, ça s’améliore, ma situation. Un de ces jours, je finirai par dormir dans un vrai lit. Si je meurs pas asphyxiée par ma propre odeur avant… »
Il était vrai qu’elle sentait très mauvais. Allez, soyons francs, elle puait un max. L’épisode « tas de fumier » avait laissé de sérieuses séquelles sur le plan olfactif.
Le lendemain, Hannah se trempa les pieds dans une flaque d’eau. Elle se sécha avec un bout de nippe et contempla ses pieds. Pas top.
Hannah hésitait. Est-ce que ça avait une quelconque différence ?
Oui, un peu…Cela puait un peu moins ? Oui, ça puait moins.
Hannah renouvela l’opération avec ses mains et son visage. Son odeur s’atténuait. C’était toujours ça de gagné…
Elle reprit sa route.
Elle se bâfra de baies rougeâtres. Elle eut la colique. Un jour que Hannah avait plus faim que les autres, elle mangea un morceau de cadavre de chien. La viande avariée lui donna le ver solitaire. La manière dont Hannah s’en débarrassa est digne d’être relatée.
La gamine vola une bouteille de lait à une ferme voisine. Elle se fit chasser à coups de pieds. N’empêche que la bouteille de lait contre sa poitrine faisait qu’elle courait plus vite.
Hannah jeûna deux jours. Elle vomit tout ce qu’elle pouvait –pas grand-chose – et le matin du troisième jour, elle posa la bouteille de lait ouverte devant elle et ouvrit la bouche. Ce fut dans cette position idiote qu’elle attendit un bon moment, sous le ciel grisâtre de la campagne anglaise. Puis elle sentit quelque chose remuer au fond de sa bouche. Cela se tortillait, ça s’extirpait maladroitement, ça lui faisait peur et ça lui donnait envie de vomir.
Enfin, le ver sortit. Il dégagea sa tête aveugle…Voyant la longue chose blanchâtre, Hannah faillit hurler.
Puis elle pensa à son Grand Accomplissement et se tut. Elle avait trop peur pour bouger. Caractacus la sauva cependant en tirant violemment sur la longue chose blanche, si brusquement et si fort qu’Hannah vomit, stupéfaite d’en être encore capable, éructa…
Quand elle reprit conscience, elle eut soudain l’impression d’être vide. Sans tripes, sans viscères. Et pour cause…
Devant elle, Caractacus dépeçait une longue chose aveugle longue de près de un mètre, en compagnie d’un gamin aux yeux bleus, au visage tellement crado qu’il en devenait bronzé.
Hannah ne put s’empêcher de serrer le matou contre elle.
« Merci, chat ! Sans toi, le ver y serait encore ! »
Le moteur à ronron du chat se mit en marche et Hannah en déduit qu’il était heureux.
Le reste du voyage se déroula paisiblement…
A-peu-près.
Un jour, Caractacus ramena un lapereau. Hannah lui donna une tape sur la tête.
« Quand donc comprendras-tu que tu n’es pas un clebs ? »
Le félidé ne comprenait rien…
La campagne était vraiment monotone. Hannah se perdit une fois. En marchant toujours dans la même direction, elle finit par atteindre une voie ferrée. Quand un train de marchandises passa en cahotant, elle grimpa dans le wagon à bestiaux. Ceux-ci ne firent pas attention à elle : elle puait aussi fort qu’eux, si ce n’était plus.
En lorgnant les étoiles, les jambes frôlant la voie ferrée, ballottant dans le vide, Hannah commença à mesurer sa chance.
« Je pue. J’ai faim, je mange des rats, je croque les cadavres. Je suis sale. J’ai la colique. Je meurs de froid. Mais j’en ai rien à battre, rien à battre. Parce que je suis libre. »
Alors Hannah hurla, de toute la force de ses poumons, de toute son âme, réveillant le bébé et faisant peur aux vaches du wagon.
« Je suis liiiibre ! Je bois du sang, je suis une bête, et je suis heureuse ! Parce que je suis libre ! Parce que je peux choisir ce que je ferais de demain ! »
Plusieurs miles plus tard, elle sautait en marche. Caractacus ramenait des animaux et partageai avec Hannah.
Le temps s’écoulait doucement.
Hannah baptisa le bébé qu’elle avait trouvé Lockie.
Le chat-chien, la gamine et le nourrisson arrivèrent à Londres un jour de pluie


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Lady Daremond
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MessageSujet: Re: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Mer 10 Oct - 12:33

Pfiou je suis en retard, et toi tu vas trop vite ! J'ai même pas eu le temps de lirre l'avant-dernier... PAUSE, s'il te plaît !
(Sinon je verrouille jusqu'à ce que j'ai tout lu ! Meuh non, je blague !)
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Elizabeth Dawkins
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Localisation : Erre dans la rue, tenant son chapeau à la main pour l'empêcher de s'envoler...

MessageSujet: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   Mer 10 Oct - 12:53

D'accord, je fais une pause de quelque jours...
Le temps de bâtir mon site wéb et d'avancer dans le tapage sur Word (mine de rien, même si j'avais tout tapé à l'avance, avant de poster, je poste tellement que ça va rattraper ce que j'ai déjà tapé...).

ATTENTION, AUSSI, J'AI OUBLIE UN PASSAGE!

Le dernier message doit se lire avant l'avant-dernier, sinon vous saurez pas qui est Lockie...
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MessageSujet: Re: La Grande Tragi-Comédie Victorienne en 4 actes de Zabeth...   

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